S’intéresser au street-art

S’intéresser au street-art, c’est apprendre à regarder autour de soi. Un art de rue accessible à tous et porteur de messages. Alors, ouvrez l’œil et surtout tendez l’oreille pour ce nouveau sujet !

Le micro de Camille
Sunra, un street-artiste montpelliérain
Le micro de CamilleSunra, un street-artiste montpelliérain

 

Cela faisait un petit moment que je voulais enrichir la catégorie « Culture » du blog. Pour l’instant, les musées sont toujours fermés. En attendant, un lieu d’art & d’expression reste plus que jamais ouvert : celui de la rue ! Eh oui, le street-art est de plus en plus ancré dans nos villes. Coïncidence, juste avant le début du second confinement, en novembre dernier, je m’étais inscrite pour une visite de l’Expo de Ouf à Nîmes, un événement sur les cultures urbaines et alternatives. Malheureusement, je n’ai pas pu y aller avec le Covid-19 et l’événement est terminé… Petite frustration. Je me rattrape avec ce sujet spécial street-art !

Ma découverte du street-art : Banksy

Comme beaucoup de personnes (j’imagine), j’ai découvert le mouvement avec Banksy. Un artiste mythique, engagé et provocateur. Vous avez certainement entendu parlé de son énorme coup en pleine vente aux enchères ! C’était il y a plus de deux ans. L’une de ses oeuvres s’était autodétruite après avoir été achetée 1,4 millions de livres. Une manière de montrer que ses réalisations n’ont pas de prix.

Capture d’écran du compte Instagram de Banksy (traduction : une fois, deux fois, trois fois, adjugé…).

Ses pochoirs sont devenus des références dans le street-art. La petite fille au ballon (le tableau autodétruit), le lanceur de fleurs, les policiers qui s’embrassent… J’ai découvert Banksy en 2010 avec la sortie de son documentaire Faites le mur !. J’étais allée le voir dans un cinéma d’art et d’essai de Nice avec deux amies. Une claque ce docu. Si vous ne l’avez pas vu, il est encore temps ! Plus tard, on m’a offert le livre Banksy, guerre et spray. Et en septembre 2019, je suis même allée à l’expo parisienne The World of Banksy : The Immersive Experience à l’espace Lafayette-Druot.

Un décor de l’expo The World of Banksy à Paris.

J’ai l’espoir de voir un jour une œuvre de Banksy, IRL (*in real life / dans la vraie vie) : ça arrivera, je n’en doute pas ! D’ailleurs, attention, avec son succès, de nombreuses imitations ont vu le jour. Pour authentifier le travail du street-artiste, le meilleur moyen est de checker régulièrement son compte Instagram et son site Internet : il y poste des photos de ses œuvres. L’une de ses dernières réalisations : une petite fille jouant au cerceau avec un pneu de vélo. Malheureusement, elle a vite été vandalisée… Le vélo attaché à un lampadaire a disparu alors qu’il faisait partie de l’installation de l’artiste. Ce genre de vol arrive souvent pour les œuvres de Banksy. La faute à sa notoriété, sa popularité et surtout la valeur de son travail… Une œuvre de Banksy dans une ville devient très vite une attraction touristique, une fierté locale et l’objet de toutes les convoitises. D’ailleurs, au moment où j’écris ces mots, une oeuvre de street-art qui vient d’être découverte à Reading en Angleterre est suspectée d’avoir été réalisée par Banksy. Il s’agit d’un pochoir représentant un prisonnier en train de s’évader avec des draps attachés à une machine à écrire (plus d’infos ici). Pour le moment, aucune confirmation de l’artiste.

Mise à jour (05-03-2021) – Depuis l’écriture de ce paragraphe, Banksy a officiellement revendiqué l’oeuvre du prisonnier. Il a même posté une vidéo sur son compte Instagram.

Photo récupérée sur le site Internet de Banksy.

Ce que j’aime dans le street-art

J’ai toujours été attirée par le street-art alors difficile de connaître précisément ce qui m’a plu au premier abord. Déjà, j’aime sa grande diversité. Toutes les techniques et tous les styles sont possibles. Pour moi, cette diversité fait clairement la force du street-art. Chaque artiste peut trouver sa place et exprimer sa créativité, ses émotions. Autre point important, l’accessibilité. Le terrain de jeu du street-art, c’est la rue. Pas besoin d’aller dans une galerie d’art ou un musée. Il suffit juste d’être curieux et de regarder autour de soi : c’est à la portée de tous ! Ne le faites pas uniquement en voyage, il faut titiller votre curiosité au quotidien. Depuis que je suis arrivée à Montpellier (en juillet 2020 – relire cet article), je découvre tous les jours de nouvelles œuvres de street-art, surtout dans l’écusson (c’est le centre-ville) : il y en a énormément ! Le street-art, c’est beau et ça embellit les villes. Ça les rend plus attrayantes, plus créatives, plus ouvertes, plus humaines aussi… Le street-art permet d’apporter un autre regard sur la ville et je trouve ça hyper positif. Et puis évidemment, il y a aussi le côté engagé. Un street-artiste s’exprime, passe un message au travers de ses œuvres. Très souvent, cela fait écho à la société qui nous entoure.

Mes différentes expériences street-art

Alors, non, je n’ai pas encore pris de bombe ou de pochoirs pour habiller les rues de ma ville mais j’ai fait plusieurs expos/visites liées au street-art. D’ailleurs, ça peut être une bonne idée de participer un jour à un atelier street-art : je garde ça en tête !

C’est le premier centre d’art urbain flottant. Je ne connaissais pas du tout le lieu avant de le découvrir avec deux amies (merci Ad et Emilie !) quelques mois avant de quitter la capitale. Eh bien, très bonne surprise. L’espace est original et regroupe plusieurs expos (des temporaires mais également une collection permanente). Nous avons passé un super moment. Et puis, le lieu est ouvert à tous et gratuit. Bref, un bon plan si vous allez à Paris !

Je n’avais jamais vu des street-artistes travailler avant de me rendre sur le festival Urban Week. Le cadre est idéal sur le parvis de La Défense (surtout avec un ciel aussi bleu). Les artistes performent en live et c’est magique de voir l’oeuvre se créer petit à petit. Si vous avez l’occasion un jour d’assister à un festival de street-art, je vous recommande l’expérience. C’est très chouette et ça a un côté relaxant aussi. On oublie tout, en regardant un artiste bomber. N’hésitez pas à regarder les événements street-art près de chez vous. Sur des festivals de musique, il peut également y avoir des performances.

Londres fait partie des villes européennes à fort potentiel street-art, si si ! Comme Berlin mais je ne peux pas vous en parler, je ne suis jamais allée en Allemagne. Bref, revenons à Londres… Lors d’un séjour avec l’une de mes meilleures amies (Agathevibes, I know you are here !), nous nous étions mises au défi de préparer chacune, en secret, une demi-journée du week-end. J’avais réservé une visite guidée street-art dans les quartiers Shoreditch et Brick Lane. Notre guide : un jeune artiste contemporain. Sans lui, nous serions clairement passées à côté de très belles oeuvres du quartier.

  • Une visite guidée à Chartres

Retour en France. Notre pays a aussi du potentiel en terme de street-art et promis, ce n’est pas limité exclusivement à la capitale. Heureusement ! Direction Chartres. Oui oui, vous avez bien lu. Cette ville moyenne d’Eure-et-Loir. J’ai été agréablement surprise de découvrir que le street-art a bien sa place dans cette cité médiévale. J’ai même participé à la visite « Chartres au fil du temps » proposée par Chartres tourisme. De nombreux artistes se sont emparés des murs ou encore des façades de commerces de la ville. A ne pas manquer la fresque représentant Jean Moulin by Jimmy C. ou encore les mosaïques de Mifamosa au-dessus des noms de rues (il y en a également à Montpellier).

La fresque de Jean Moulin par Jimmy C.

Parmi mes prochaines envies street-art, j’ai reperé l’association Line Up à Montpellier. Elle propose des visites et même des ateliers. Vivement la fin de la crise sanitaire pour la reprise de leurs activités. J’ai aussi déniché un super compte Instagram de Montpellier : bleutrouble. Il est parfait pour être au courant des toutes dernières oeuvres de street-art de la ville. Et si vous passez dans l’Hérault, je vous recommande fortement de vous arrêter à Sète pour faire le MaCO (Musée à Ciel Ouvert). Il s’agit d’une balade artistique à travers les rues de la ville (quelques photos ci-dessous).

En bonus : ma petite liste de street-artistes

Je ne me considère pas comme une spécialiste du street-art, loin de là. C’est au cours de mes voyages & balades que je découvre de nouveaux artistes. Mais ces derniers ne signent pas systématiquement leurs œuvres. Alors comment les identifier ? Ma solution : les réseaux sociaux ! Les œuvres de street-art sont très partagées et le style des artistes est souvent reconnaissable. Lors de mon séjour à Madrid en octobre 2019, j’avais posté la photo d’une œuvre en story sur mon compte Instagram. Il s’agissait d’un chimpanzé à deux visages. Et bien, dans la journée, une abonnée (oui, Cindy, je parle de toi ! Si tu passes par-là héhé) m’avait écrit pour me dire qu’il s’agissait d’une œuvre de Bordalo II. #truestory En cherchant l’artiste, j’ai même appris que cette œuvre était une collaboration avec Okuda (un autre artiste de street-art). Cela m’a permis de découvrir leurs univers. D’ailleurs, Bordalo II fait partie de ma petite liste… 😉

Le chimpanzé de Bordalo II et Okuza à Madrid.
  • Roa

Le premier artiste de cette sélection est de nationalité belge. Roa réalise de grandes fresques murales animalières. Je vous ai choisi une photo de sa grue à Londres mais j’ai également croisé son hérisson, toujours dans la même ville. Ses oeuvres sont très souvent en noir et blanc. Il décline aussi des nuances de gris pour donner de la profondeur. Perso, j’ai l’impression qu’il travaille au crayon gris et c’est ce qui me plaît.

La grue de Roa à Londres.
  • Bordalo II

Restons dans le thème des animaux. Je vous en parlais juste au-dessus avec son chimpanzé découvert à Madrid. Bordalo II est un artiste portugais spécialiste des sculptures animales. Leur particularité : elles sont faites à partir de déchets. Il les ramasse dans la rue, à la déchetterie, sur les plages… Clairement, Bordalo II veut nous montrer les dégâts du gaspillage et les conséquences sur la biodiversité. Je valide complètement son travail !

Ce lapin de Bordalo II se trouve à Porto (Portugal).
  • MissTic

Parce que le street-art n’est pas réservé qu’aux hommes (et heureusement), je tenais à vous présenter MissTic. Une artiste parisienne & féministe. Ses pochoirs représentent très souvent l’image d’une femme fatale et sexy, accompagnée de quelques mots. Ces femmes sont libres et indépendantes !

Une oeuvre de Miss Tic dans la ville d’Arles.
  • M. Chat

Miaouuuu. Vous avez certainement déjà croisé ce petit chat un jour dans votre vie ! Il arbore un grand sourire aux dents très blanches avec une tête jaune et un regard toujours espiègle. C’est un repère pour moi en terme de street-art de croiser une oeuvre de M. Chat (un peu comme les Space Invaders en mosaïque).

Une oeuvre de M. Chat dans le quartier Montmartre à Paris.
  • Sunra

Impossible de passer à côté de cet artiste si vous venez à Montpellier (normal, il y vit !). La marque de fabrique de Sunra, c’est le coeur. Il prône des messages de paix, bienveillance, partage… Si vous voulez en savoir plus sur lui, rendez-vous dans le sonore de cet article. En plus de me parler de son travail, c’est l’occasion aussi d’aborder plus largement le mouvement du street-art ! Et qui de mieux qu’un street-artiste pour le faire ?

Une oeuvre de Sunra à Montpellier.
Sunra, toujours à Montpellier.

Merci à Sunra et à tous les autres artistes qui font de nos jolies villes de véritables musées à ciel ouvert.


Et toi, tu aimes le street-art ? Tu as des artistes coups de coeur ? N’hésite pas à les donner en commentant cet article.


Si vous avez aimé ce sujet et si le street-art est un mouvement artistique qui vous touche, partagez-le autour de vous !

6 commentaires pour “S’intéresser au street-art

  1. Super article et sonore très intéressant 🙂
    Passion partagée, et c’est toujours un plaisir de repérer des œuvres quand on visite des villes. On en avait vu énormément à Malaga en Andalousie, notamment une grande fresque de l’artiste américain Obey.
    A Paris, il ne faut pas louper le parcours street art autour du boulevard Vincent Auriol dans le 13ème! Les fresques murales sont impressionnantes!

    1. Merci pour ton avis sur le sujet.
      Oh génial pour cette passion partagée ! Je ne suis jamais allée en Andalousie, ça me donne encore plus envie, tiens. C’est vrai, le 13ème à Paris est assez réputée. Il y a même souvent des visites guidées. A faire lors d’une prochaine virée dans la capitale. Merci 🙂

  2. Super intéressant cet article ma Camillounette, comme toujours ! Bon… la prochaine fois que tu viens à Lyon, on se fait un parcours spécial street-art dans le quartier de la Croux-Rousse, obligé ! 😉

    1. Merciiiii ma Fannou !! Ah oui, obligé, on se fera une étape street-art lyonnais ! Je connais quelques fresques, notamment celle des Lyonnais ahaha mais pas plus ! Croix-Rousse, j’ai trop envie de découvrir le quartier. Le rdv est pris 😉

    1. Oui totalement d’accord avec toi ! Et encore plus belle en vrai qu’en photo ahaha, il faut venir à Montpellier ! Avec grand plaisir pour ce sujet. 🙂

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